CREEK


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CREEK

Tribu indienne d’Amérique du Nord, qui parlait une langue muskogean et occupait à l’origine une très grande partie des plaines de Georgie et d’Alabama. Le mode de subsistance des Creek reposait principalement sur la culture du maïs, des haricots et des courges; les femmes s’occupaient surtout des cultures, tandis que les hommes de la tribu partaient à la chasse ou à la guerre. Les Creek étaient divisés en deux groupes: les Muskogee (ou Creek supérieurs), qui occupaient la partie nord du territoire creek; les Creek inférieurs, Hitchiti et Alabama, qui avaient à peu près les mêmes traditions que les Creek supérieurs, mais parlaient un dialecte légèrement différent. Leurs villes étaient divisées en deux groupes: les villes blanches, qu’ils utilisaient lors de leurs cérémonies de paix, et les villes rouges, réservées aux cérémonies de guerre. L’existence de rangs était un élément important de la vie sociale des Creek; le rang auquel se situait un individu était fonction des mérites personnels (prouesses guerrières) ou de la sagesse venue avec l’âge, et non de la naissance. Comme presque tous les Indiens du sud-est des États-Unis, les Creek se faisaient souvent complètement tatouer le corps, chaque tatouage étant un insigne officiel. Les jeunes garçons recevaient leur premier tatouage lorsqu’ils acquéraient le rang de guerrier.

Dans toutes les villes creek, les maisons entouraient une place ou une esplanade communale. Ces maisons étaient de forme rectangulaire, les quatre murs verticaux étaient faits de poteaux recouverts de boue pour former un clayonnage; elles avaient des toits en pente, recouverts d’écorce ou de chaume, et des trous pratiqués dans les pignons laissaient s’échapper la fumée. Si la ville possédait un temple, c’était un édifice au toit de chaume, en forme de dôme, qui était bâti sur un tertre d’environ 2,50 m de haut; des marches y étaient creusées pour accéder à la porte. La place était le point de rassemblement de toutes les pratiques religieuses importantes, telles que la cérémonie des moissons ou du maïs vert, au cours de laquelle se déroulait le rite annuel des premières récoltes et du feu nouveau. Cette fête du milieu de l’été présentait une caractéristique particulière: on y pardonnait tous les méfaits, tous les abus, tous les crimes, sauf le meurtre.

Le premier contact des Creek avec les Européens eut lieu en 1538, lorsque Hernando de Soto envahit leur territoire. Ensuite, les Creek firent alliance avec les colons anglais, à partir de 1703, pour faire tour à tour la guerre aux Indiens Apaches et aux Espagnols. Au cours du XVIIIe siècle, ils formèrent une confédération creek pour essayer de faire front commun contre leurs ennemis indiens et européens. Ce fut un échec, car les villes creek, qui étaient au nombre de cinquante et dont la population totale s’élevait à environ vingt mille personnes, n’envoyèrent jamais en même temps leurs guerriers à une bataille commune. La guerre creek contre les États-Unis eut lieu en 1813-1814: certaines villes s’allièrent avec les Blancs, tandis que d’autres, placées sous la direction du chef shawnee Tecumseh et espérant une aide anglaise, tentèrent de recouvrer leurs territoires de chasse occupés indûment par les fermiers blancs; ayant anéanti un groupe de cinq cents colons retranchés dans un fort de l’Alabama, les Creek furent poursuivis par les troupes du général Jackson (cinq mille hommes), décimés et en partie massacrés. Les vaincus durent céder onze millions d’hectares de terre, c’est-à-dire la moitié de l’Alabama, et une partie de la Georgie du Sud. Dans les années 1830, les Creek furent envoyés de force dans le territoire Indien (actuel État d’Oklahoma). Avec les Cherokee, les Chickasaw, les Choctaw et les Séminole, ils y formaient l’une des cinq tribus civilisées. Durant près de soixante-quinze ans, chaque tribu eut un territoire et un gouvernement pratiquement autonome, établi sur le modèle du gouvernement américain. Lorsqu’en 1907 l’Oklahoma devint un État, les Blancs commencèrent à s’y installer et le gouvernement tribal cessa d’exister.

En 1990, 43 550 Creek vivaient aux États-Unis, dont 24 000 en Oklahoma, la plupart s’étaient complètement intégrés à la vie de l’État et seul leur nom rappelait qu’ils étaient des Creek. Un petit groupe a subsisté dans le sud-ouest de l’Alabama (2 600 individus en 1990), mais ses membres ont oublié la langue creek et presque tout souvenir de la culture creek. Quant aux Séminole de Floride et d’Oklahoma, ils correspondent à une branche de la confédération creek qui existait au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.

creek nom masculin En Nouvelle-Calédonie, rivière.

creek [kʀik] n. m.
ÉTYM. 1865, Verne, De la Terre à la Lune, p. 164; mot angl., « crique, estuaire », d'abord crike, 1250, apparenté au franç. crique.
Anglic. Petite rivière (dans un pays anglophone).
0 Phileas Fogg, la jeune femme, Fix et Passepartout, confortablement assis, regardaient le paysage varié qui passait sous leurs yeux, — vastes prairies, montagnes se profilant à l'horizon, « creeks » roulant leurs eaux écumeuses.
J. Verne, le Tour du monde en 80 jours, p. 229.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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